Située, à l’origine et durant plus de trois siècles, au cœur de la cité (« çorat al-balad »), en un point nommé as-simât al-kabîr  ou « La Grande Rue », la Mosquée de cUqba fut édifiée en premier suivie de la « Maison du Gouvernement » (dâr al-imâra ) bâtie juste en face. Désormais, il contrôle le champ religieux de la ville et de la région des Zlass. En somme, la production intellectuelle de Khelif apparaît comme une œuvre religieuse conjuguant réformisme conservateur et fidélité à la tradition malikite ashacrite. La raison réside dans la double contradiction entre, d’une part, un étatisme moderniste et une société attachée aux valeurs islamiques et, d’autre part, entre un islam contestataire naissant et un islam traditionnel agonisant. Galerie devant la salle de prière de la mosquée Nom local الجامع الكبير ب Elle est signée par environ un millier de Kairouanais, tous milieux sociaux confondus, et basée sur un argumentaire en 8 points évoquant ses qualités. Mais elle est aussi l'une des plus prestigieuses mosquées. Elle intervient en un moment historique, celui de l’autonomie interne et de l’indépendance nationale, marqué par le début du processus de délégitimation de l’aristocratie et de la mémoire islamique. Soumission : Recommandations d’écriture aux auteurs. Par là, on entrevoit la logique politique implacable animant l’imam Khelif, que le pouvoir finira, plus tard, par saisir et exploiter. La Grande Mosquée de Kairouan, en Tunisie, est l'un des plus anciens sanctuaires du monde musulman occidental. Les décorateurs ont donc eu recours à des figures géométriques répétées à l'infini et de couleurs variées. 5Quatre hypothèses vont servir ici de toile de fond pour croiser le parcours de l’imam de la Grande Mosquée de Kairouan avec l’histoire/mémoire de ce monument de l’Islam maghrébin, afin de pouvoir débattre des rapports, à la fois imbriqués et séparés, entre le religieux et le politique à l’époque contemporaine : 61 – L’émergence de la figure politico-religieuse de l’imam Khelif est le produit de la délégitimation de l’aristocratie et de la mémoire religieuses. 15Des familles d’ulémas – imams, muftis, qadhis, faqihs - présidaient au destin de la Grande Mosquée jusqu’à la fin du protectorat français en Tunisie. Les touristes peuvent visiter le lieu, même ceux qui ne sont pas de confession musulmane. Seuls 6 acquittements ont été prononcés dans cette « Affaire de Kairouan » qui a marqué la mémoire et l’histoire de la ville. 29Á Kairouan, Khelif devient le second imam prédicateur de la Grande Mosquée en janvier 1955. On insiste en général beaucoup sur l'absence, en islam, de clergé à proprement parler et d'aménagements liturgiques spécifiques de la mosquée. En ce moment-là, l’État devait sévir et châtier « les fauteurs de trouble ». Sa mih’na ou épreuve subie du temps de Bourguiba en a fait un héros et un symbole de l’islam protestataire tunisien. 69La prière funèbre terminée, le cortège composé d’une foule immense de fidèles, venus de la ville et accourus des régions voisines, se dirigea, dans un recueillement sans pareil, vers le cimetière de Qoreish dit également al-janâh al-akhdhar ou L’Aile Verte par référence au Bourâq, cheval ailé qui transporta le Prophète de Jérusalem vers le Ciel. 20Les M’rabet avaient, depuis le XVIIIe siècle, la charge de gouverneur (‘amil/gaïed ou caïd) de Kairouan. Cette pratique n’était pas d’usage à Kairouan, ni dans les autres villes musulmanes où la mort était et demeure féminine au niveau domestique mais, hormis Tunis et certains milieux évolués, exclusivement masculine au niveau de l’espace public. La mosquée, monument symbolisant l'extension territoriale de l'Islam. Certes, il n’appartient pas à une tradition radicale et révolutionnaire mais à celle d’un islam citadin aspirant à l’autonomie, tout en subissant le contrôle de l’État sur l’espace urbain et les notabilités locales. Aussi, la question de la disparition et du deuil ouvre-t-elle sur celle de la présence et de l’éternité des « héros de l’histoire » liés aux « hauts lieux de mémoire ». Le premier prônait l’autonomie interne et une alliance avec la France alors que le second exigeait l’indépendance totale. Cet islam protestataire est en rupture à la fois avec l’islam de l’État et l’islam des ulémas. Le pays compte ainsi des mosquées dont une qui fait partie des plus anciennes à travers le monde musulman. 34Outre la destruction de la maison du Parti destourien et d’une ambulance, le bilan des morts aura été relativement lourd même s’il demeure encore aujourd’hui inconnu. 72 – La figure charismatique de l’imam Khelif constitue un modèle de transition entre le savant (‘alim) qu’il ne pouvait plus être dans les années 1950 et le militant islamiste qui émerge à partir des années 1970-1980. Photos: Le musée Al-Kafeel expose l’une de ses collections; la grille du sanctuaire d’Aba al-Fadl al-Abbas (que la paix soit sur lui) qui a… Vidéos Rencontre du Représentant spécial des Nations Unies en Irak avec le Grand Ayatollah Sistani + Vidéo 75L’on renoue là avec l’imaginaire religieux dans lequel les anges, les saints et les hommes vertueux sont enveloppés d’une lumière divine radieuse. 94 – Les funérailles de l’imam Khelif expriment une théâtralisation de la résistance de la société face à la main-mise de l’État sur la religion et sur la sphère publique. Lors du procès, ses avocats ainsi que ceux de Khelif plaideront non-coupables sur la base de ce passé nationaliste et de la réputation des deux Cheikhs à Kairouan. Par contre, le journal français « Le Monde », très lu en Tunisie par l’élite occidentalisée, signala huit morts et dix-huit blessés. Une partie de la production est exportée à travers tous les continents. En 990 , le souverain ziride Mansour ibn Bologhine fait construire la coupole bichrome du bahou , au-dessus de l'entrée de la salle de prière donnant sur la cour [ 7 ] . n) by Muslim conquerors in 50 AH/670 AD, the Great Mosque (al-Jama ‘al-Kabir) is a high place of worship characterized by monumental architecture and religious prestige and history. 43L’identité de la ville sainte sert de référence à l’imam Khelif qui s’intègre de plus en plus, à partir des années 1970-80, dans « l’Islam mondialisé » en animant des conférences et des cycles de formation des imams un peu partout dans le monde musulman. Située à droite du mihrâb, adossée au mur de la qibla, cette chaire symboliserait lestrade depuis laquelle le Prophète sadressait aux fidèles. Elle est divisée en deux grandes parties : la cour intérieure et la salle des prières. Cest très important pour nous! Ses monuments retracent l’histoire de cette ancienne capitale médiévale.La Grande Mosquée, fondée en 670 et reconstruite en 836, est une des plus anciennes au monde.Les L’émergence de l’acteur femmes, en position subalterne et non centrale, tient à la fois de la logique identitaire et de la logique islamiste d’investissement de l’espace public par le biais du hijâb dont la diffusion fulgurante, ces dernières années, est combattue par les autorités tunisiennes. Au niveau de la fonction, il seconde le Cheikh Tahar Saddem mais il est très actif sur le terrain et multiplie les contacts avec les fidèles grâce à la force de son caractère, à ses origines populaires et à sa présence continuelle au sein de la Grande Mosquée où il dirige les prières et enseigne bénévolement. a rédigé une motion dénonçant « les agissements d’une poignée d’hommes irresponsables, aveuglés par la haine, qui ont incité des citoyens peu conscients et des adolescents à commettre des actes criminels ». 17La transformation de la Zaytouna en une faculté théologique moderne résulte de la réforme de l’enseignement conduite par le ministre Mahmoud Messadi, un sadikien moderniste, syndicaliste et partisan de Bourguiba. La fondation d’un camp de garnison (qayrawân) obéit à un choix personnel du chef conquérant, cUqba Ibn Nafic, « l’homme aux vœux exaucés » (mustajâb al-dawâc) qui voulait en faire « un phare éternel pour l’Islam ». Recherche d'adresses, de lieux, comparateur d' itinéraires pour préparer vos déplacements partout en France Vous cherchez la carte Cordoue ou le plan Cordoue ? Fondée en même temps que la ville de Kairouan par les conquérants (, ) musulmans, en l’an 50 de l’Hégire (670 ap. J-C.), la Grande Mosquée de Kairouan (. ) La question mérite d’être posée. L’évocation d’Allah placé au dessus de tous, gouvernés et gouvernants, est suivie d’un (pro)nom inexprimé (« Lui ») qui s’inscrit dans une ellipse référant au symbole collectif : celui de l’imam résistant à un pouvoir que la masse défie le temps d’une manifestation plus spontanée qu’organisée. Le cortège funèbre était composé ce jour-là de plusieurs milliers de personnes. mih’na) traversées par Kairouan comme celles de 1833 et 1864 au cours desquelles les Kairouanais avaient participé et appuyé des émeutiers au point d’avoir eu à payer un prix fort, sans parler des révoltes médiévales qui ont abouti à la destruction renouvelée par le pouvoir central de la muraille de la ville – plus de sept fois détruite dit la légende historique – ainsi que la punition des notables et des autres habitants. b) a activement développé l'article consacré au principal édifice religieux de la grande cité tunisienne, avec l'encadrement du projet Tunisie. D’ailleurs, au début des années 1990, Khelif a écrit sur l’imam Sahnoun un article de compilation traitant de son rapport avec la judicature où il insiste sur la peur-résistance du savant envers la charge de juge, sa droiture et ses actions exemplaires de bienfaisance et de justice parmi les hommes. Tel sera le destin du mouvement islamiste tunisien qui émerge dans un cadre national puis s’expatrie. C’est là son drame historique et, en même temps, sa force provenant de son rôle de médiateur entre deux univers politico-religieux : l’univers des savants et l’univers des militants. Ce monument est située dans la vieille ville, située dans la médina , entre le marché aux laines et le rempart sud. 45En Tunisie, Khelif exerça une influence à la fois sur l’enseignement de l’éducation religieuse par la co-rédaction de deux livres scolaires dans les années 1970 et sur les façons de penser des Kairouanais et des Tunisiens en quête de repères religieux et moraux dans une société aux structures familiales et culturelles totalement bouleversées. 10L’écriture de l’histoire de la ville de Kairouan est une mise en récit des légendes qui ont auréolé la geste de la conquête musulmane de l’Afrique du Nord. L’imam Khlif est, en somme, un salafiste qui aspire à un renouvellement de l’Islam par un retour aux sources ou à la Tradition (al-salaf al-salih’), sur la base d’une fidélité au Texte – Le Coran et la Sunna – et du refus de toute innovation (bidâc) dans les préceptes ou les pratiques de la religion. The Great Mosque of Kairouan (Arabic: جامع القيروان الأكبر ‎), also known as the Mosque of Uqba (جامع عقبة بن نافع), is a mosque situated in the UNESCO World Heritage town of Kairouan, Tunisia and is one of the most impressive and largest Islamic monuments in North Africa.. La position de l’État est le refus de la constitution d’un parti politique, sur une base religieuse. Elle est ainsi spatialement décentrée en raison des changements qui ont affecté le plan de la ville et de son enceinte. Le Caïd de Kairouan et des Zlass, Mohamed Aziz Sakka, qui transmet la lettre au Gouvernement, donne un avis favorable. 55Si les principaux acteurs dans « l’Affaire de Kairouan » sont les Cheikhs Abderrahman Khelif, Taïeb Ouertani et Mohamed Chouicha, la liste des accusés est longue puisqu’elle comporte 138 individus dont 44 en état de liberté. Toi, Tu as dit et Ton jugement est véridique : Ô Dieu, Tu es notre tuteur ; nous nous plaignons de lui auprès de Toi. Il existe ainsi, à travers l’histoire, une tradition de révoltes urbaines à Kairouan de même qu’il existe une tradition de la répression et de la récupération qui n’ont fait que renforcer l’autorité de l’État et marginaliser le statut de la ville sainte. URL : http://journals.openedition.org/remmm/6237 ; DOI : https://doi.org/10.4000/remmm.6237. Nous vous recommandons de réserver votre visite de Grande Mosquée de Kairouan à l'avance pour vous assurer d'avoir une place. La nouvelle courait, de bouche en oreille, auprès des habitants de Kairouan, en cet après-midi du dimanche 19 février 2006, à la sortie de la prière du ‘Asr effectuée dans l’enceinte de la Grande Mosquée. Son plan copie celui de la maison de Mahomet à Médine.. Elle comprend différentes parties : Á ses côtés, il y avait le second imam de la Grande Mosquée de Kairouan, Mohsen Temimi, député et homme modéré. Le tapis de Kairouan est une référence, en la matière. 31Dans une lettre datée du 24 octobre 1960 et adressée au Secrétaire d’État à l’Intérieur, le Gouverneur signale les activités hostiles de Khelif notamment lors de son prêche (khutba) du 16 septembre 1960 où il dénonça la sortie des femmes et demanda à leurs parents de les empêcher, en se conformant aux principes de la religion, d’accéder à l’espace public. La mosquée est le lieu de culte des musulmans.L'appel du muezzin invite les fidèles à venir y prier cinq fois par jour.La prière collective se déroule sous la direction d'un religieux lettré, l' imam, choisi pour son niveau de connaissances religieuses, Le terme signifie « celui qui est devant, celui qui montre la voie ». La Maqsoura de l’imam, sorte d’antichambre, servait d’espace de transition entre le domestique et le public, le profane et le religieux. L’imam kairouanais devient de plus en plus « citoyen du monde musulman ». Certes, comme l’indiqua Ibn Khaldûn, le savoir s’est étiolé dans cette capitale musulmane, après la période de grandeur qui a duré en tout quatre siècles. La propagande officielle adoptera cette version des faits pour affirmer, y compris du côté du procureur de la République lors du procès, qu’il ne s’agit aucunement d’une manifestation religieuse mais d’une « affaire personnelle » (qadhiya chakhsiya). Dans la ville de Kairouan réputée pour son conservatisme et l’appui de Ben Youssef même si Bourguiba y avait des partisans forts comme Caïd Ladjimi, le gouverneur Amor Chéchia n’a pas hésité à s’attaquer aux puissantes familles aristocratiques telles que les Laouani et les M’rabet. Mais ils furent contraints de céder et Kairouan devint capitale. Un tel rang symbolique fut, pour longtemps, assuré grâce au concours des dirigeants politiques et des dignitaires religieux qui ont façonné l’histoire et la mémoire de la « ville sainte » de l’Islam nord-africain. Du coup, c’est la famille qui se chargea de la cérémonie funèbre au sein de la maison parentale située à quelques mètres de la Grande Mosquée, à l’image de celle du Prophète de l’islam à Médine. Ce n’est pas le cas de tous les imams, encore moins des Saddem qui l’ont précédé, en lignée familiale héritière de la charge de l’imamat pendant des siècles au sein de la Grande Mosquée de Kairouan. 70La dépouille, couverte du drap vert de la sainteté, était transportée, comme autrefois, sur une civière en bois que les fidèles portaient sur les épaules en se relayant dans un mouvement de contact et de soutien entre les vivants et le mort. D’où le risque de confrontation avec le pouvoir et le recours à la violence pour imposer la domination, de l’un au détriment de l’autre. Tel était le cas des Saddem, Adhoum, Bouhaha, Bouras, Fassi... dont l’autorité découlait du savoir, de la piété, de la notabilité, de la citadinité et des origines arabes, réelles ou prétendues. Le soir, une réunion officielle des responsables du Parti néo-destourien et des organisations nationales (UGTT, UNAT, UNFT, etc.) est le plus ancien lieu de culte de l’Occident musulman. 30En 1956, l’imam Khelif est également désigné comme directeur de la branche zaytounienne de Kairouan. Mais, c’était compter sans l’autorité du nouveau gouverneur de la ville, Amor Chéchia, lui-aussi zaytounien mais acquis aux idées de Bourguiba et serviteur zélé du nouvel État tunisien. Avez-vous trouvé des erreurs dans linterface ou les textes? Pendant que les services d’ordre tentaient d’empêcher les manifestants d’accéder au siège du Gouvernorat et au domicile du Gouverneur de Kairouan ainsi qu’aux bâtiments publics et aux écoles où ils voulaient inciter à la grève, des échauffourées eurent lieu entre les manifestants et les agents de sécurité (police et garde nationale) et des coups de feu partirent. 21De son côté, l’imamat de la Grande Mosquée de Kairouan appartenait, depuis des siècles, à la famille Saddem, « une maison de savoir et de piété ». Première de toutes les mosquées de l’Occident musulman, elle fut construite par Okba ibn Nafi, le fondateur de la ville de Kairouan, vers 680. Les « sujets » que demeurent les citoyens de l’Étatindépendant n’ont pas à s’adonner à ces activités autrement que par la fidelité au dogme officiel de « l’État protecteur de la religion ». 18La victoire de Bourguiba, le chef charismatique qui s’est allié à la Centrale syndicale (UGTT), allait sonner le glas des yousséfistes, des conservateurs et des « féodalités ». Religion et politique étaient ainsi, dès le début, solidaires et séparées. 58La rébellion de 1961 rappelle d’autres épreuves (mih’an ; sing. Quelques années après sa fondation, la ville de Kairouan est occupée par les berbères de Kusayla. 71Tout se passait, au niveau de la théâtralisation de la mort, comme s’il y avait deux cérémonies funèbres, deux cortèges et deux corps : celui de la communauté des Musulmans ou du peuple investissant la rue dans un élan d’appropriation et d’identification avec le « héros de la foi » et celui orchestré par les représentants officiels dans une tentative de récupération ultime de « l’imam officiel de l’État». L’on raconte à Kairouan que le dernier fidèle sortant de la Grande Mosquée fermait la marche de la file déjà parvenue au cimetière de Qoreish situé à 3 km. A digital resources portal for the humanities and social sciences, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Histoire de la mosquée, mémoire de la ville, L’imam Khelif, le « héros de la foi », Rébellion, répression et récupération, Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International. Abderrahman Khelif apparaît, à l’issue de cette manifestation dont il est l’objet et l’acteur absent/présent, comme une figure populaire incarnant la volonté collective d’une société locale se sentant menacée dans sa religion et son identité. 60Quant à Khelif, après avoir enseigné la littérature arabe dans les lycées de Kairouan, de Gabès et de Sousse, il fut nommé en 1968 inspecteur de l'éducation islamique des établissements secondaires. 46Le religieux et le politique sont deux dimensions constitutives du personnage public de l’imam Khelif. 48Tandis que Bourguiba justifiait sa campagne de sensibilisation par un raisonnement rationnel tout en ne manquant pas de mobiliser le registre religieux dans une bataille qualifiée de « Grand Jihâd » (al-jihâd al-akbar ) par opposition au « Petit Jihâd » qu’aurait été la lutte de libération nationale, le Cheikh Khelif diffusa un « Livre Vert » où il s’attaqua violemment à ceux qui rompent le jeûne de Ramadan au point que verser leur sang serait, à ses yeux, licite et la prière de mort non autorisée à leur égard. (Pour les plaintes, utilisez Au nord de la médina, la Grande Mosquée, ou mosquée Sidi Okba, constitue une visite incontournable. 74Au-delà de cette lecture, le plus important est la mythification de la mort de l’imam Khelif par les Kairouanais et les Kairouanaises évoquant une sorte de nuage (ghayma) qui aurait couvert la dépouille de l’imam le long du cortège funèbre menant le défunt de la Grande Mosquée au cimetière Qoreish. Cette pétition est probablement le facteur décisif de sa nomination. C’était, en fait, la goutte d’eau qui fit déborder le vase depuis qu’une tension se fit sentir lors du mois de Ramadan de la même année. La Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie) (Yann Arthus-Bertrand/Corbis Introduction Au VII e siècle, une troisième religion monothéiste (croyance en un seul dieu) apparaît dans la péninsule arabique : … 39Ces écrits s’étalent du Xe (Abu Al-‘Arab) au XVe siècle (Dabbagh) et sont complétés par le dictionnaire des saints rédigé par Al-Knani au XIXe siècle. Les principaux accusés ont été condamnés par le tribunal militaire aux travaux forcés à perpétuité ou à des peines allant de 15 à 20 ans de travaux forcés. Les dynasties aghlabide, fatimide, ziride, hafside, mouradite et husseïnite qui ont gouverné l’ancienne Ifriqiya musulmane ont toutes contribué au maintien et à la sauvegarde de ce monument historique connu pour avoir été le foyer intellectuel où se sont distingués des savants célèbres comme le grand jurisconsulte malikite Sahnoun (777-854), le médecin Ibn al-Jazzar (898-980), l’astronome Ibn Abi al-Rijal (m. 1053), le poète Ibn Rachiq (1000-1064) et d’autres encore.